Les 4 accords Toltèques

Temps de lecture : 10 minutes

Ce livre fait partie de mes étincelles incontournables. Je crois même que c’est le 1er livre de développement personnel que j’ai lu il y a presque 15 ans maintenant.

Pour la petite histoire, c’est une RH au boulot qui me l’a conseillé. J’ai oublié son nom mais je me souviens très bien du moment où elle m’en a parlé. Je l’en remercie, elle m’a ouvert la porte vers un univers qui ne cesse de me nourrir à présent.

La première fois que j’ai ouvert ce livre, il y a 15 ans donc, je l’ai trouvé ardu, difficile à lire. Je me suis arrêtée en cours de route. Je n’étais pas prête. Et puis les évènements de la vie m’ont suffisamment impactés pour que ma vision du monde évolue. Je l’ai donc rouvert 3 ou 4 ans plus tard, et là, ce fut une révélation. Depuis, je connais les 4 accords par cœur. 

Néanmoins, comprendre ce que l’auteur veut dire est une première étape mais ce n’est pas la plus importante. La deuxième étape qui est la plus difficile est d’expérimenter ses enseignements. C’est un travail de toute une vie je pense.

Au travers de cet article, j’aimerai vous transmettre ce que j’en ai retenu et que j’essaie à mon tour d’enseigner à mes enfants. Je n’y arrive pas forcément d’ailleurs. En tous les cas, je fais de mon mieux, et ça c’est le 4èmeaccord. Bonne lecture !

Don Miguel Ruiz et les Toltèques

« Les 4 accords Toltèques » ou « the four agreements » dans son édition originale sont parus en 1997. Don Miguel Ruiz en est l’auteur. 

Il est mexicain, né en 1952 et a grandi dans une famille de 13 enfants. Sa mère était guérisseuse et son grand-père chaman. Lui-même est devenu médecin. A la suite d’une expérience de mort imminente, il a cherché des réponses aux questions de l’existence et est alors devenu chaman (nagual dans la tradition toltèque). Il a ensuite écrit ce livre.

© Stocklib/ Konstantin Kalishko – Toltec warriors or Atlantes colums at Pyramid of Quetzalcoatl in Tula (Mexique)

Les Toltèques sont un peuple ancestral du Mexique ayant vécu entre 800 et 1200 de notre ère. Dans les légendes, les Toltèques sont censés être à l’origine des civilisations meso américaines, ils sont vus comme des artistes ou maîtres bâtisseurs. Les Aztèques les considéraient comme leurs ancêtres. Leur religion paraît avoir été de type chamanique. Leurs dieux représentaient le ciel, l’eau, la terre. (source wikipedia).

Dans le livre, il est fait mention d’hommes et de femmes de connaissance, cette connaissance étant spirituelle. Les maitres (nagual) et les étudiants se réunissaient à Teotihuacan pour pratiquer et transmettre leurs pratiques. 

Au travers de son ouvrage, Don Miguel Ruiz a voulu transmettre leur sagesse qui favorise l’accès à la joie et à l’amour en nous libérant de nos conditionnements basés sur la peur. Les 4 accords contrairement à ce que laisse penser le titre ne sont pas d’origine toltèque mais s’inspirent de leur enseignement.

Les voici.

Briser les vieux accords

Avant d’énoncer les 4 accords, l’auteur resitue déjà dans quel système nous évoluons. C’est un système de croyances qu’il compare à un parasite qui se nourrit des émotions négatives issues de nos peurs. Et selon lui, c’est ce qui nous empêche d’être libres, d’être la personne que nous sommes vraiment.

Les nouveaux accords permettent d’aller vers cet amour plébiscité par les toltèques et se débarrasser de ce qu’il appelle « le rêve de la planète » qui est en fait, le rêve collectif de l’humanité constitué de ses lois, règles, cultures, religions,… et qui a conduit à un processus de domestication des humains. 

On peut changer ce rêve et en faire un « rêve de paradis » grâce notamment à ces accords.

1er accord : Que ta parole soit impeccable

C’est le plus important des accords. Je m’en rends compte tous les jours.

Les paroles, les mots qu’on emploie sont importants et impactants pour notre interlocuteur.

Les mots peuvent être aussi violents qu’un coup de poing. 

Ils créent aussi des étiquettes dans lesquelles on s’enferme.
Car au-delà de l’impact vers son interlocuteur, il y a aussi l’importance de dire la vérité pour soi, d’être en accord avec soi.

Un exemple parmi d’autre :

Imaginez que votre boss vous convoque dans son bureau et vous dise dès le 1er pas franchi « c’est nul ce que tu as fait».
N’avez-vous pas l’impression de recevoir une douche froide ? combien de temps va-t-il vous falloir pour vous en remettre ? votre estime en prend un coup non ?

Bien évidemment on peut étendre cet accord à toutes les sphères de notre vie, à l’écrit (mail, sms,…) ou à l’oral. 

Au final, cela demande un petit effort de réflexion et correspond bien à la maxime « tourne 7 fois ta langue dans ta bouche » avant de parler. C’est d’ailleurs bien plus compliqué lorsqu’on est sous le coup de la colère ou de la peur. Il faut prendre alors une bonne inspiration pour faire redescendre la pression – plus facile à dire qu’à faire évidemment, mais l’accueil des émotions est un sujet à part entière. Je vous ai mis quelques références dans le dernier §.

Je vois un fort lien entre ce 1er accord et le 2ème accord dans le sens où la parole de l’autre nous impacte, et c’est ce que nous allons voir maintenant.

2ème accord : N’en faites pas une affaire personnelle

Ce 2ème accord, je le comprends très bien mais je le trouve difficile à appliquer, sûrement parce qu’il touche à des conditionnements fortement ancrés. 

Cet accord nous apprend que nous ne sommes pas responsables de ce que pensent/vivent les autres, leurs croyances, leurs filtres. Ils peuvent porter un jugement sur nos actions, ils peuvent nous détester, il ne s’agit que de leur perception à eux, de leur choix de se comporter ainsi.

Nous n’en sommes pas responsables. Nous n’avons donc pas à considérer leur avis, jugement personnellement.

Quand ma fille aînée dit à sa sœur qu’elle est bête, je précise à ma cadette qu’elle n’a pas à s’identifier aux mots de sa sœur : elle n’est pas responsable de son jugement. A elle de mettre alors son bouclier magique, afin que les mots glissent sur elle (voir aussi le dernier § pour expliquer les accords aux enfants).

Plus facile à dire qu’à faire, n’est ce pas ? c’est, pour moi, le plus difficile des accords.

Une des premières actions que vous pouvez faire lorsque ce type de situation intervient, est de constater : vous êtes en train d’en faire une affaire personnelle peut être et donc vous êtes dans le cadre de ce 2èmeaccord. C’est déjà un grand pas : vous prenez de la hauteur par rapport à la situation même si elle vous impacte encore.

Généralement, toute une panoplie d’émotions viennent nous submerger, c’est pour cela, que cela demande de l’entrainement. Si ce n’est pas possible sur l’instant, y revenir le soir au calme et analyser la situation permet aussi d’identifier ses schémas de fonctionnement.  Ce n’est pas évident, exercez-vous pour que ça devienne de plus en plus naturel.

Je pense que ce 2ème accord est typiquement lié à nos peurs fondamentales (peur du rejet, de l’abandon…), appelées aussi les 5 blessures (*) identifiées par Lise Bourbeau (autre livre important dont il faudra que je parle un jour). C’est pourquoi il me semble difficile d’accès car profondément ancré – le fameux conditionnement dont parle l’auteur. 

(*) Si vous souhaitez identifier vos peurs fondamentales afin de mieux vous en libérer, je vous ai mis des liens en bas d’article pour creuser le sujet.

3ème accord : Ne faites pas de supposition

Une fois que l’on a compris cet accord, cela parait tellement évident. Le diffuser plus largement permettrait d’éviter bien des malentendus, frustrations et autres disputes !

Il stipule que ce qui est une évidence pour nous, ne l’est pas forcément pour autrui. En effet, nous ne sommes pas dans la tête, dans la vie des autres. Notre référentiel, notre vécu est unique. Notre compréhension d’une situation, d’une phrase,… pourra être tout à faire différente d’une personne à l’autre. 

Pour éviter ces malentendus, il faut veiller à poser des questions pour clarifier, expliciter pour être sûr d’être bien compris/ de bien comprendre. Votre interlocuteur n’est pas medium, il ne peut pas deviner que vous souhaitez ce dîner en amoureux si vous ne le lui dites pas. 

Le corrolaire de cet accord est aussi qu’on ne peut pas changer les gens. Il faut les accepter tels qu’ils sont. C’est peine perdue et source de beaucoup de souffrance que de penser qu’on peut le faire. Il est donc important de veiller à s’entourer de personnes avec lesquelles on sait pouvoir vivre en harmonie. 

Je crois que sur les 4 accords, c’est celui que j’ai réussi le mieux à appliquer 

4ème accord : Faites toujours de votre mieux

Cet accord est d’ailleurs valable pour l’application des 3 premiers accords !

Et ce « mieux » peut évoluer en fonction du temps, de notre état de santé, fatigue, moral… et c’est OK.

Il signifie qu’il faut agir en étant soi-même, parce qu’on en a envie et non pas « pour faire plaisir », « pour obtenir une récompense ». Ce n’est pas toujours évident de dissocier cela, ce qui fait que cet accord n’est pas aussi immédiat qu’il en a l’air.

Nous avons tous des « messages contraignants » (*) qui conditionnent nos actions, quasi de manière inconsciente, jusqu’à ce qu’on apprenne à les décrypter. Un des miens est « fait plaisir ».  Les connaitre et reconnaître peut permettre d’accéder à cet accord. Ils sont issus de notre enfance, liés à des injonctions de nos adultes référents pour obtenir leur amour/reconnaissance (cf parenthèses-coaching.com) et mènent à des habitudes comportementales à l’âge adulte dont il est difficile de se défaire.

Mais là encore, regardons nous avec bienveillance, indulgence, sans culpabilité et … faisons de notre mieux !

(*) Je vous ai mis quelques liens en fin d’article si vous souhaitez creuser le sujet.

L’exemple qui est mentionné dans le livre et que je trouve parlant est celui de Forrest Gump. Tout le monde connaît Forrest Gump : il a toujours fait de son mieux, en étant lui-même, quelle que soit la situation, la difficulté. Forrest Gump est l’illustration parfaite de l’application de ce 4ème accord et des 3 autres aussi je pense.

Et pour les enfants?

Depuis quelques mois j’enseigne ces accords à mes enfants car en grandissant, leur vocabulaire se développe et la portée des mots aussi. Même si mes filles sont trop jeunes pour en comprendre toutes les subtilités, elles sont néanmoins en âge de comprendre que les mots peuvent être aussi violents que les coups. 

Et inversement, ce n’est pas parce que untel s’est moqué d’elle, qu’elle est vraiment comme il/elle le dit. L’image du « bouclier » utilisée est alors intéressante : Quelqu’un te parle mal ? Met ton bouclier magique pour que ses mots ne t’atteignent pas

Ce n’est pas pour autant qu’il faut se laisser faire. On a le droit de répondre en appliquant le 1er accord 🙂

Poster détaché de « Flow magazine » je crois et que j’ai scotché dans la cuisine – j’y fais référence quand c’est nécessaire.

Il existe aussi une vidéo youtube avec la même signalétique, peut-être plus facile pour communiquer les principes à de jeunes enfants.

Mais finalement, je crois que c’est l’image ci-dessous que je trouve la plus parlante et facile à transmettre. Elle est issue du site « les clés de l’écriture » :

Et pour ceux qui veulent aller plus loin, il existe le livre des « 4 accords toltèques transmis à mon enfant » coécrit par 2 auteurs français que Don Miguel Ruiz a préfacé (cf § références).

Autres ouvrages du même auteur

Don Miguel Ruiz a écrit d’autres livres et doit sortir prochainement une collection.

Je n’ai pas encore lu « Le 5ème accord toltèque » (sorti en 2010). Il vient compléter les 4 premiers accords avec l’affirmation suivante : “Soyez sceptique mais apprenez à écouter”. Cette phrase me parle beaucoup en ce moment. Ne pas croire aveuglément, mais croiser les informations pour éviter la désinformation. Il fera partie de mes prochaines lectures, c’est sûr.

Dans une interview qu’il a faite cet été pour le magazine « féminin bio », il parle de son livre actuel qui s’intitule « Acteur de votre vie », qui est le 1er d’une série de 10 livres constituant la collection « L école des mystères ».

Pour lui, nous sommes le personnage principal d’une histoire, notre histoire, où nous jouons notre propre rôle, basé sur les croyances que les autres projettent sur nous dès la naissance. C’est finalement « le rêve de la planète » dont il parle dans les 4 accords j’ai l’impression.

En comprenant qu’on est acteur de la création de notre vie, nous pouvons changer et nous rapprocher de plus en plus de qui nous sommes vraiment. On apprend alors à se respecter, respecter sa propre création. Et plus on s’aime, moins on accepte les conditions posées par les autres.

Je vous laisser méditer sur ce message 🙂

Bilan

Je connais à présent les 4 accords par cœur. Par contre, je suis loin encore de pouvoir les appliquer correctement même si j’en ai compris les principes. Les conditionnements ont la vie dure. Mais il faut être indulgent avec soi-même et prendre le temps.

Ces conditionnements (cette illusion dirait l’auteur, le rêve de la planète), il faut déjà apprendre à les reconnaitre, pour ensuite seulement pouvoir les changer. 

Mais ça c’est une autre histoire et d’autres livres, auteurs sont là pour nous y aider. Cela fait partie des quelques liens et contenus que je vous ai indiqués ci-dessous. 

J’espère que cet article allumera une étincelle chez vous et vous donnera envie de découvrir/ redécouvrir ces 4 messages qui permettent de mieux prendre soin de soi et de ses relations aux autres.

Liens intéressants

Si vous souhaitez en savoir plus, voici quelques références (non exhaustives bien sûr) :

Articles 

Livres  

De Don Miguel Ruiz :

Autres références :

Tests : propositions de travail sur soi

Connaitre ses messages contraignants. Il en existe 5: 

  1. fais plaisir, 
  2. dépêche toi, 
  3. sois parfait, 
  4. sois fort, 
  5. fais des efforts.

Pour identifier ceux qui vous correspondent le mieux, voici quelques contenus intéressants :

  • Parentheses coaching.com : les 5 messages sont résumés et un test en ligne est proposé (en échange d’un mail). Ensuite des conseils sont proposés pour s’en libérer
  • Un ebook gratuit pour aller dans le détail de ces messages contraignants et en limiter les conséquences négatives.

Ces 5 messages sont les plus utilisés dans la vie quotidienne et sont négatifs uniquement lorsqu’ils sont utilisés de façon excessive, systématique. Ils peuvent devenir positifs s’ils sont appliqués à bon escient.


Identifier la « blessure » la plus prégnante. Il en existe 5 également d’après Lise Bourbeau.

Voici la « carte d’identité » des 5 blessures fondamentales que sont :

  • La peur du rejet : on se sent facilement blessé par une remarque négative
  • La peur de l’abandon : on pense ne pas pouvoir s’en sortir tout seul
  • La peur de la trahison : on a peur de se faire avoir 
  • La peur de l’humiliation : on se sent honteux et on peut ressentir du plaisir à souffrir
  • La peur de l’injustice : on ne montre pas ses émotions 

Nous les avons toutes à plus ou moins fort degré, mais il y en a une qui généralement se détache des autres pour soi. Comparez les 2 à 2, et choisissez à chaque fois celle qui vous représente le plus (en vous aidant du livre de Lise Bourbeau ou en consultant le résumé que je trouve bien fait sur femina.fr). A la fin vous obtiendrez votre peur fondamentale et vous pourrez alors travailler dessus. 

Podcasts /videos

  • change ma vie : outils pour l’esprit : podcast que je suis depuis longtemps qui permet d’aborder de nombreux thèmes liés au développement personnel dont 2 que j’ai retenus en lien avec cet article :
  • pour les enfants, le lien vers la vidéo sur les accords toltèques mentionné dans cet article .
  • youtube/ la méthode DESC : cette méthode est souvent proposée dans le milieu professionnel. On peut y voir un lien avec les accords, dans le sens où cette méthode est là pour nous apprendre à exprimer notre désaccord à une personne tout en préservant une relation de confiance, et/ou pour éviter que la situation ne devienne conflictuelle :

D

E



S

C

Décrire

Exprimer



Solution

conclure

On décrit les faits sans jugement, de façon la plus neutre possible

On explique les conséquences négatives sur soi en expliquant l’émotion ressentie suite à ces faits et en utilisant la 1erpersonne : JE me suis sentie blessée par ta prise de parole. Le « TU » est accusateur et met l’interlocuteur sur la défensive

Suggérer des solutions ou faire suggérer des solutions

Conclure positivement avec la solution qui convient à toutes les parties, reformuler si nécessaire

2 commentaires sur “Les 4 accords Toltèques”

  1. Coucou,
    Merci beaucoup pour ce très bel article.
    Puis-je me permettre une question stp : tu dis que tu es « loin de pouvoir les appliquer correctement »… qu’est-ce les appliquer correctement ? Faire de son mieux pour essayer de sourire chaque jour de sa réussite d’y avoir contribuer, n’est-ce pas là déjà de le faire correctement ? Être un avec soi-même dans l’écoute de son Coeur et avec cette envie, ces envies… ne zerait-ce pas là déjà le faire correctement ? Vouloir le transmettre peut-être aussi ? Car nous avons la plume de notre histoire qui nous offre à nous faire Grandir… l’action que tu y mets te permet de te féliciter d’être en accord chaque jour un peu plus avec toi-même…
    Merci à toi.
    A bientôt

    1. Hello, merci beaucoup pour ton commentaire qui m’a fait réfléchir ce matin 😊. En fait je pense à certaines situations où je me vois partir en sucette. C’est dans ces cas là où j’aimerai pouvoir faire mieux ! Mes réactions sont encore bien conditionnées. Mais tu as raison, petit pas après petit pas, nous avançons vers une meilleure version de nous-même. C’est important de le reconnaître et se féliciter pour ca. Encore merci à toi!

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